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A la recherche d’un travail qui a du sens

by jean on juillet 9th, 2018

 

Cette chronique de Gabriel Monet (1) met en évidence un changement profond dans les mentalités. Dans la recherche du travail, les jeunes mettent de plus en plus en priorité un accomplissement personnel et une participation à ce qui contribue au bien commun.

Gabriel Monet rapporte des données très évocatrices à cet égard : « Les 2/3 des 18-30 ans veulent un emploi « qui a du sens » et 58% espèrent une meilleure conciliation entre vie privée et professionnelle ». Une génération qui monte, la génération Y, forme une nouvelle vague qui opte pour une nouvelle manière de vivre (2). Et des entreprises entrent dans une compréhension nouvelle de leur rôle, en développant de nouvelles formes de relation.  Ce sont les entreprises humanistes décrites par Jacques Lecomte (3) ou les entreprises libérées qui nous sont présentées à travers le témoignage d’Alexandre Gérard (4). Sachons reconnaître les fils conducteurs du positif et la vision nouvelle qui est en marche.

 

J H

(1)  Les chroniques de Gabriel Monet : http://www.vivreetesperer.com/?p=2774

(2)  Génération Y : une nouvelle vague pour une nouvelle manière de vivre : http://www.vivreetesperer.com/?p=2652

(3)  Vers un nouveau climat de travail dans des entreprises humaniste et conviviales : http://www.vivreetesperer.com/?p=2318

(4)  Alexandre Gérard, Chef d’entreprise, pionnier d’une « entreprise libérée » : http://www.vivreetesperer.com/?p=2746

 

Faire ce que l’on aime, aimer ce que l’on fait !

 

Les épreuves du baccalauréat battent leur plein… Il y a quelques semaines, c’étaient les examens dans les universités, bientôt il y aura le brevet pour ceux qui finissent le collège. Avant un été synonyme de vacances ressourcantes, les étudiants n’échappent pas à l’exigence de réussir leurs examens en vue d’obtenir le diplôme espéré. On ne peut que souhaiter à chacun de faire de son mieux et bien sûr de réussir. Ceci étant, l’obtention d’un diplôme n’est pas une fin en soi. Et peut-être aujourd’hui plus qu’auparavant. En effet, dans un contexte où le marché du travail est vacillant, si la réussite des études demeure un facteur facilitant, cela n’est plus suffisant pour avoir la garantie de trouver du travail… Mais au-delà même de l’espoir de trouver un emploi, de plus en plus nombreux sont ceux qui cherchent à donner du sens à leurs études comme à leur occupation professionnelle.

 

Une étude récente a mis en évidence que les deux tiers des 18-30 ans veulent un emploi « qui a du sens », et 58 % espèrent une « meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle ». Cela rejoint une autre enquête selon laquelle les étudiants estiment à 60 % que « pour réussir, il faut être motivé par la défense d’une cause ». L’ambition ne motiverait plus que 18 % des jeunes. Ce n’est plus tant la « reconnaissance » (13 %), « l’obtention d’un statut » (5 %), ni même « l’argent » (2 %) qui motivent, mais ce qui permet d’« être fidèle à ses valeurs » (59 %). De ce fait, on comprend la frustration de certains jeunes qui, dans le processus de sélection de leur filière post-bac, ParcoursSup, se retrouvent ou se retrouveront à préparer un diplôme qui n’est pas forcément ce qu’ils auraient souhaité prioritairement.

 

Certes, les choses ne sont pas figées, car cette valorisation des valeurs et du sens peut amener à des tournants professionnels significatifs. Il est loin le temps où la majorité des gens n’avaient qu’un seul métier et qu’un seul employeur durant toute leur vie. Une étude récente montre que 26 % des salariés ont connu une transition professionnelle au cours des 12 derniers mois. Il semble qu’en moyenne, actuellement, on change près de 5 fois d’employeurs dans une vie. En tous cas, cela est corroboré par le fait que de plus en plus de jeunes adultes diplômés, parfois surdiplômés, font le choix de changer radicalement de carrière, notamment pour se tourner vers des métiers manuels. Il y a comme une inversion des valeurs : la finance, le commerce, ou le tertiaire en général, semblent perdre de leur attrait au bénéfice des métiers d’artisanat et d’agriculture. Il y a comme un désir de mettre en pratique l’adage de Confucius : « Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie ».

 

S’il y a des attentes particulières de la part des individus en vue d’un parcours professionnel qui s’intègre à part entière dans un parcours de vie épanoui et fondé sur les valeurs, il en est de même pour les entreprises et les employeurs. C’est de moins en moins sur le seul « savoir-faire » que les recruteurs s’appuient, mais aussi sur le « savoir-être ». C’est aussi vrai des formations, qui intègrent de plus en plus cette dimension humaine dans leurs programmes, ou même qui créent des cursus spécifiques centrés sur les valeurs, comme c’est par exemple le cas d’un récent Master intitulé « Peace » à l’Université de Paris Dauphine. Etudier pour être acteur de paix, franchement cela a du sens. Au-delà de cette filière spécifique, il y a comme une prise de conscience, qui me semble tout à fait aller dans le bon sens. Cela rejoint quelque peu la formule de Rabelais, selon qui « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

 

Dans la Bible, il est aussi question de construire un avenir épanouissant. C’est le prophète Jérémie qui relaie cette parole divine : « Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance » (Jérémie 29.11). L’Ecclésiaste, lui, insiste sur l’importance de la joie : « Si donc quelqu’un vit beaucoup d’années, qu’il se réjouisse de chacune d’elles » ; certes il y a des jours plus sombres, mais il insiste : « Réjouis-toi de tes jeunes années, que ton cœur te rende heureux pendant les jours de ta jeunesse ; suis les voies de ton cœur » (Ecclésiaste 11.8-9). La question n’est donc plus tant aujourd’hui de savoir si on est à bac + 2, + 3 ou bac + 5, mais bien d’être à bac + sens. Il importe de vivre ses aspirations et oser faire ce qui nous plait. Ceci étant, étudier est loin d’être inutile, et si un diplôme n’est pas une fin en soi, cela demeure un sésame précieux. Alors bon courage à tous les étudiants, et n’oublions de faire ce que nous aimons et d’aimer ce que nous faisons.

 

Gabriel Monet

Le 21 juin 2018

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